Charybde et Scylla – Niveau 3

Charybde et Scylla sont deux monstres marins de la mythologie grecque, situés de part et d’autre d’un détroit traditionnellement identifié comme étant celui de Messine. La légende est à l’origine de l’expression tomber de Charybde en Scylla, qui signifie « aller de mal en pis ».

Charybde était la fille de Poséidon et de Gaïa. Elle était perpétuellement affamée. Lorsqu’elle dévora le bétail d’Héraclès, le fils de Zeus, celui-ci la punit en l’envoyant au fond d’un détroit « formé par un bras de mer qui sépare Rhégion de Messénè ».

Non loin de là vivait Scylla. À l’origine, elle était une nymphe dont Glaucos était follement amoureux. Cet amour n’étant pas réciproque, Glaucos alla demander à la magicienne Circé un philtre d’amour, mais celle-ci, éperdument amoureuse de Glaucos et jalouse de Scylla, profita de l’occasion pour changer la nymphe en un monstre terrifiant.

Dans l’Odyssée, Circé décrit à Ulysse la route qu’il doit suivre en ces termes : « La route vous mène entre les Deux Écueils. L’un dresse jusqu’au vaste ciel sa cime pointue ; un nuage l’entoure, bleu sombre. Aucun mortel ne pourrait y monter ni s’y tenir, […] car la roche est lisse et semble polie tout autour. Au milieu de cette roche, une sombre caverne donnant au nord-ouest vers l’Érèbe. Droit sur elle vous mettrez le cap de votre creux navire, ô noble Ulysse ! D’une flèche, un homme robuste tirant d’un creux navire ne toucherait pas le fond de cette caverne. Scylla au cri retentissant y habite. »

Scylla est présentée comme une créature monstrueuse, dont le cri retentissant est un aboiement qui résonne sur les parois de la caverne ; Circé la qualifie de « mal éternel, terrible fléau, réalité sauvage et qu’on ne peut combattre. » Malgré les recommandations de Circé, Ulysse se munit de deux longues piques pour affronter le monstre, mais en vain : il perd six de ses marins et donne l’ordre de s’écarter au plus vite du rocher. Quant à Charybde, « elle engloutit l’eau noire ; trois fois par jour elle la vomit, trois fois elle l’engloutit. » Ce gouffre est d’une force telle que Poséidon lui-même serait impuissant à sauver celui qui serait pris dans son tourbillon.

Image : Scylla attaquant Ulysse (R.Payne)